"Les Vertus de l’Échec" de Charles Pépin
- Milessentiel EL
- 20 août 2022
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 août 2022

‘Charles pépin est un écrivant philosophe. Il a notamment publié chez Allary Éditions un roman, ‘La Joie’, et une trilogie d’essais philosophiques : ‘Les Vertus de l’échec’, ‘La Confiance en soi’, ‘La Rencontre’.
Il est l’auteur du Podcast ‘Une Philosophie pratique’ (Spotify) et, avec Jul, des bandes dessinées ‘La Planète des sages’ et ‘Cinquante Nuances de Grecs’ parues chez Dargard’.
‘Ils ont échoué avant de réussir. Mieux : c’est parce qu’ils ont échoué qu’ils ont réussi. Sans cette résistance du réel, sans cette adversité, sans toutes les occasions de réfléchir ou de rebondir que leurs ratés leur ont offertes, il n’auraient pu s’accomplir comme ils l’ont fait’. Page 7.
‘Il n’y a pas une vertu de l’échec, mais plusieurs. Il y a les échecs qui induisent une insistance de la volonté, et ceux qui en permettent le relâchement ; les échecs qui nous donnent la force de persévérer dans la même voie, et ceux qui nous donnent l’élan pour en changer. Il y a les échecs qui nous rendent plus combatifs, ceux qui nous rendent plus sages, et puis il y a ceux qui nous rendent simplement disponibles pour autre chose’. Page 9.
‘Il y a des victoires qui ne se remportent qu’en perdant des batailles’. Page 15.
‘Hâtons-nous donc à échouer, car alors nous rencontrons le réel plus encore que dans le succès. Parce qu’il nous résiste, nous le soumettons à la question ; nous le regardons sous tous les angles. Parce qu’il nous résiste, nous y trouvons un appui pour prendre notre élan’. Page 15.
‘Avoir échoué, en France, c’est être coupable. Aux États-Unis, c’est être audacieux. Avoir échoué jeune, en France, c’est avoir échoué à se mettre sur les bons rails. Aux États-Unis, c’est avoir commencé jeune à chercher sa propre voie’. Page 21.
‘L’erreur ne permet plus simplement d’apprendre plus vite : l’erreur rectifiée devient, pour le savant, le seul moyen d’apprendre, le seul chemin pour découvrir la vérité. Un savant qui ne rencontre pas de problème, qui ne se heurte pas à l’échec de sa première intuition, ne trouvera jamais rien’. Page 24.
‘La seule manière de s’approcher de la vérité est d’échouer d’abord à la comprendre’. Page 25.
‘Déjà essayé, Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Échoue encore. Échoue mieux’. Page 28.
‘Trop souvent nous voyons l’échec comme une porte qui se ferme. Et si c’était aussi une fenêtre qui s’ouvre ? […] Ce n’est pas parce que la fenêtre s’ouvre que nous sommes assurés de comprendre ce qu’elle nous montre’. Pages 31 / 35.
‘Qu’est ce qu’une dépression sinon une invitation, particulièrement douloureuse, à ouvrir une fenêtre sur ce que nous ne voulons pas voir ? C’est même probablement la fonction de la dépression : nous forcer à nous arrêter pour nous interroger sur nous-même, sur l’écart entre notre existence et ce que nous attendons, sur nos dénis, nos désirs inconscients […] Les symptômes de la dépression indiquent qu’il y a, « sous le capot » de la conscience, quelque chose à éclaircir, à déchiffrer, ou à entendre’. Page 34.
‘Tourner nos yeux vers le passé en répétant « c’était mieux avant » nous empêche d’ausculter le cœur du péril et d’y voir surgir ce qui pourrait sauver’. Page 37.
‘Le lierre continue ainsi de grimper sur la pierre malgré les obstacles qui lui barrent la route’. Page 46.
‘L’échec est le contraire de la réussite, mais c’est un contraire dont la réussite a besoin’. Page 48.
‘La leçon d’humilité que nous offre l’échec est l’occasion ce mesurer nos limites, tandis que le délire narcissique ou l’illusion de toute-puissance nous éloignent de cette prise de conscience’. Page 52.
‘Peu importe, finalement, le nombre de fois que nous tombons, tant que nous nous relevons une fois de plus, tant que nous nous relevons plus sages’. Page 57.
‘Il est en vain d’essayer de changer « ce qui ne dépend pas de nous ». […] Il vaut mieux user de sa force pour agir sur « ce qui dépend de nous« […] « Ce qui dépend de toi, c’est d’accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi » […] Nous pouvons pleurer sur notre sort « injuste ». Ou voir l’échec comme une chance de rencontrer le réel […], nous avons le choix. Pages 59 / 65 / 66.
‘Nos échecs peuvent avoir pour vertu de nous rendre disponibles, de favoriser un changement de voie, une bifurcation existentielle qui s’avérera heureuse. Leur sens se joue parfois dans cette direction nouvelle qu’ils insufflent à notre vie’. Page 71.
‘Exister, ce n’est pas jouir d’une vérité fixe et éternelle : c’est se projeter sans cesse dans l’avenir’. Page 75.
‘Notre existence est comme un morceau de Jazz. Croire que la fausse note existe dans l’absolu, c’est faire comme si le temps n’existait pas. C’est oublier que nous naviguons sur le fleuve du devenir, non dans le ciel des idées éternelles’. Page 80.
‘L’inconscient est donc une énergie active, dynamique, qui cherche à se manifester, et profite au besoin de l’acte manqué pour le faire […], Nous nous plaignons souvent de schémas de répétitions. Nous continuons à faire des choses qui nous déplaisent et nous étonnons de ne pas réussir à les changer. C’est que, malgré le déplaisir conscient, nous en retirons une jouissance inconsciente […], « Ne voyez plus votre échec comme un accident : regardez-le comme s’il manifestait une intention cachée ». Pages 82/83/84.
‘Alors pourquoi cette dépression ? […], il comprit que ces succès l’avaient en fait éloigné de son désir profond […], La dépression avait donc une fonction : lui montrer son désir trahi. L’obliger à arrêter de « réussir », et même à s’arrêter tout court, pour retrouver enfin la voie de son désir’. Page 85.
‘L’échec nous fait mal parce qu’il vient fissurer notre carapace identitaire, notre image sociale, l’idée que nous nous faisons de nous-même […], Parfois, seule l’expérience de l’échec permet de mesurer combien cette identité sociale nous réduit, nous coupe de notre personnalité profonde, de notre complexité. Pour surmonter nos échecs, il faut donc aussi redéfinir le « moi ». Page 93.
‘A l’origine de toutes les belles réussites, on trouve une prise de risque, et donc une acceptation de la possibilité de l’échec. Oser, c’est d’abord oser l’échec […], Apprendre à oser, c’est apprendre à ne pas tout oser, à oser quand il le faut, lorsque les nécessités de l’action exigent ce saut au-delà de ce que nous savons’. Pages 97 / 111.
‘ »Deviens ce que tu es », personne ne le fera pour toi. Essaie au moins, car même si tu échoues, tu auras réussi : tu échoueras d’une manière qui ne ressemble qu’à toi. Il n’y a pas de risque plus grand que de ne pas essayer, et de voir venir la mort sans savoir qui l’on est’. Page 102.
‘D’autres enfin vont se laisser gagner par la dépression, […]. Ils ne s’effondrent pas parce qu’ils travaillent trop, comme on l’entend souvent, mais parce qu’ils travaillent coupés d’eux-mêmes, de leur talent propre, de leur possibilité d’expression’. Page 103.
‘Sans nos ratés, nos déconvenues, les satisfactions les plus profondes de l’existence nous resteraient inconnues’. Page 145.
‘Quoi de mieux que nos échecs pour nous conduire dans cette « situation la plus contraire », où, « l’absence de tout motif raisonnable de réjouissance » nous permettra enfin de saisir l’essence de la joie ?’. Page 157.





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