"Foutez-vous la paix !" – Fabrice Midal
- Milessentiel EL
- 21 août 2022
- 4 min de lecture

‘Philosophe et écrivain, Fabrice Midal est l’un des principaux enseignants de la méditation en France. Il a publié de nombreux livres à succès’.
« Ne demande jamais ton chemin à celui qui le connaît. Tu risquerais de ne pas pouvoir t’égarer »
– Rabbi Nahman de Bratslav –
« Tout élément terrifiant est, au plus profond, une chose impuissante qui réclame notre aide »
– Rainer Maria Rilke –
‘Nous sentons bien qu’obéir sans discuter, sans comprendre pourquoi, voire sans être d’accord, nous étouffe, nous éteint, empêche l’intelligence que nous portons en nous d’éclore. Nous avons envie de dire non, mais quelque chose nous retient. Une éducation, un formatage’. Page 25.
‘Nous ne savons plus prendre de la hauteur et voir plus grand que le cadre dans lequel nous sommes enfermés, dans lequel nous nous enfermons. Pourtant ce cadre n’est pas fermé ! Les règles sont beaucoup moins rigides qu’on ne le croit’. Page 27.
‘Arrêtons de nous sentir toujours en faute, toujours inadéquats ! L’idéal de sagesse nous ronge : à côté de ce rêve d’impassibilité, nous nous voyons minables avec nos soucis, nos petites angoisses…’. Page 42.
‘Etre sage n’implique pas de nier ce que je suis pour atteindre une perfection qui n’existe pas, mais consiste à m’ouvrir à ce que je suis, imparfait comme je le suis, comme nous le sommes tous’. Page 47.
‘La méditation […] n’est ni une tisane ni une pilule magique, mais un travail réel avec la douleur, la confusion, les émotions. Elle nous enseigne à les observer comme elles sont, à la manière d’un médecin auscultant ses propres plaies. A rencontrer tout ce qui nous empêche de nous foutre réellement la paix, à dire bonjour à la vie en soi’. Page 49.
‘Cessons de culpabiliser parce que nous ne réussissons pas à toujours montrer une façade lisse et socialement adaptée – La façade d’un idéal robotisé. Gardons toujours à l’esprit que l’harmonie parfaite, la mer sans rides à laquelle nous prétendons, est un non-sens dont le corollaire est la disparition de toute vie’. Page 57.
‘Nous enchaînons les activités absurdes mécaniques, qui n’ont pas de sens sauf celui de nous donner l’impression que nous agissons, alors qu’en réalité, nous sommes dans une désespérante passivité’. Page 79.
‘Écouter le chant d’un oiseau n’est pas seulement entendre un son. Mais pour cela, encore faut-il savoir être présent’. Page 94.
‘Nous voulons être parfaits parce que nous refusons l’échec, nous le considérons comme une catastrophe, une honte, un point final à notre parcours, qu’il soit professionnel ou sentimental. Nous sommes éduqués à oublier que dans la vraie vie, l’échec est non seulement inévitable, mais surtout indispensable : c’est lui qui nous fait grandir. Si nous n’apprenons pas à échouer, nous échouerons à apprendre. L’enfant qui ne veut pas tomber ne saura jamais marcher’. Page 96.
A Edison, le bricoleur de génie : « Vous avez quand même raté mille fois l’ampoule électrique » […] « J’ai réussi à découvrir mille manières différentes de ne pas atteindre mon but, pour ensuite parvenir à sa réalisation ». Page 97.
‘Occulter nos émotions douloureuses (ou négatives), nous en vouloir de les éprouver et de les exprimer, c’est pourtant refuser quelque chose de notre part d’humanité qui est constituée de nos joies, mais aussi de nos chagrins, de nos imperfections, de nos désarrois, de nos intempéries’. Page 98.
‘C’est quand on est le plus à nu, le plus authentique, quand on ne triche plus, que l’on trouve la possibilité de rencontrer les autres pour de bon’. Page 100.
‘Selon les lois de l’aérodynamique, le bourdon ne peut pas voler : le rapport mathématique entre sa tête, trop grande, et ses ailes, trop petites, l’empêche de soutenir son corps en l’air. Mais le bourdon ne le sait pas : c’est pourquoi il vole’. Page 109.
‘Nous trainons les regrets qui s’accumulent, les douleurs qui s’incrustent, les « si seulement… ». Nous entreprenons des thérapies pour essayer de comprendre, en espérant que la compréhension sera libératrice. Nous comprenons beaucoup de choses, mais cela ne nous permet pas de changer. Combien de personnes sont capables de vous expliquer pendant des heures tous leurs problèmes, la situation de leurs parents, les blessures qu’ils ont vécues. Résultats ? Elles sont juste encore plus enfermées en elles-mêmes qu’avant […] Il a donc fallu qu’on m’y autorise. « On » ne peut être qu’une tierce voix : un thérapeute, un confident, quelqu’un qui nous donne cette permission, qui nous soutient ou nous aime profondément. J’ai donc lâché la corde pourrie à laquelle je me raccrochais et j’ai sauté, croyant aller dans le vide alors qu’en réalité, je fonçais enfin vers la vie. Je me suis peu à peu foutu la paix, c’est-à-dire que j’ai accepté de rester avec mes douleurs, mes interrogations, sans chercher de solution, en acceptant l’épreuve’. Pages 110 / 111 / 112 / 113.
‘S’aguerrir, c’est trouver une certaine forme de solidité pour continuer à prendre des risques, aimer, s’émerveiller, espérer. S’endurcir, c’est mettre des couches de béton sur son cœur et se refermer jusqu’à manquer la vie’. Page 139.
‘Nous sommes notre pire juge. Une petite voix insidieuse en nous, dont nous ne nous rendons même plus compte, commente en permanence chacune de nos actions, chacune de nos pensées, avec une sévérité dont nous serions incapables envers n’importe quelle autre personne’. Pages 147 / 148.
‘A force de nous critiquer sans jamais oser nous félicité, nous nous dénigrons. Nous finissons par nous convaincre réellement de notre incapacité’. Page 150.
‘Cessons de vouloir aimer et nous forcer à dire un « je t’aime », artificiel ou conditionnel ou convenu à tout bout de champ. Soyons bienveillants. C’est ainsi que commence l’amour’. Page 165.



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